Stratégie à la Une : Comment jouer un brelan floppé ? (2ème partie)

Quelle agréable sensation que de rentrer dans un coup avec une petite paire servie et de flopper un brelan n’est-ce pas?

Pour autant, ce n’est pas forcément évident de savoir comment on va optimiser cette si belle main. Cet article Stratégie à la Une, va vous aider à prendre les décisions pour rentabiliser au maximum votre brelan et aussi pour éviter de perdre avec cette main…

Dans la 1ère partie de l’article nous avons analysé deux des éléments à prendre en compte dans la stratégie à adopter lors d’un brelan floppé :  la texture du board, et le nombre d’adversaires.

Aujourd’hui intéressons nous aux trois autres aspects cruciaux : votre position, le profil des joueurs et votre image à la table.

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Votre position dans la main

Votre position va influer sur la façon dont vous allez jouer votre brelan.

En général, vous devriez caller en position et check/raiser ou miser hors position. Quand vous avez un brelan, votre objectif premier est de le rentabiliser au maximum. Dans une partie de cash-game à tapis profonds, ou au début d’un tournoi, vous allez essayer de prendre une grosse partie du stack de votre adversaire, voire la totalité. Pour se faire, vous ne devez pas rater de tour d’enchères.

Etre en position est idéal pour accomplir cet objectif. Comme vous parlez en dernier, vous pouvez toujours miser si votre adversaire checke et le relancer s’il mise peu ou si vous avez décidé que c’est le moment d’afficher votre force et de construire le pot. Hormis sur un flop dangereux, vous allez souvent vous contenter de payer au flop pour ensuite miser ou relancer au turn.

A la river, vous allez très fréquemment miser s’il vous a suivi au turn et checke ensuite, voire le relancer s’il tente par exemple un blocking bet.

Cette séquence d’enchères vous a permis de ne rater aucun tour d’enchères et de mettre un maximum d’argent dans le pot.

Hors-position, il est plus délicat d’optimiser un brelan. Si vous avez payé une relance des blindes, vous allez souvent laisser votre adversaire faire son continuation bet. S’il mise, vous allez opter soit pour un check/call soit pour un check/raise. Le premier problème intervient ici. Si vous effectuez un check/call, vous aurez à parler en premier au turn.

Et vous n’avez aucune idée de la force du jeu de votre adversaire. Si vous prenez l’iniative en ouvrant au turn, vous n’avez aucune garantie d’être payé, s’il n’a rien par exemple. Il pourrait aussi avoir un jeu moyen, et décider de vous caller au lieu de vous relancer. Si vous checkez, il peut checker derrière vous et vous avez manqué un tour d’enchères, ce qui est une perte importante.

Si au flop, vous choisissez l’option du check/raise, vous allez probablement faire fuir votre adversaire s’il n’a pas un fort jeu, au minimum top paire top kicker. En effet, un check/raise indique souvent deux paires ou un brelan. Si le flop est bicolore, vous pourriez faire croire à un tirage couleur, mais le move reste puissant et effrayant.

Le deuxième problème intervient donc au turn, pour arriver à extraire une mise supplémentaire de votre opposant. S’il n’a qu’un jeu faible, il va souvent renoncer, alors qu’il pourrait bluffer si vous checkez. Mais comment en être sûr ? C’est là tout le problème de jouer un coup hors position, même avec une main aussi forte qu’un brelan : l’optimisation d’un bon jeu est difficile.

A la river, vous devriez miser en premier si vous n’êtes pas en position, car la plupart des joueurs ne vont pas miser sans un très bon jeu. En fonction de la lecture que vous avez de votre adversaire, vous pouvez ajuster un montant qu’il pourra payer selon la force de sa main. Si vous le suspectez d’avoir deux paires ou la top paire bien kickée, misez assez gros.

Si au contraire, il vous semble qu’il n’a qu’une paire moyenne ou moins, misez entre la moitié et les deux tiers du pot.

En position, payez s’il mise fortement et que le tableau présente des possibilités de quinte. Si le board reste inoffensif, sans couleur ou quinte probable, vous pouvez effectuer une relance pour maximiser vos gains.

Méfiez-vous tout de même des brelans supérieurs !

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Le profil des joueurs et votre image

Ce dernier paramètre concerne le style de jeu de vos adversaires, votre image à la table et le metagame de la partie.

Si vous êtes face à des joueurs agressifs, il vaut mieux les laisser s’empaler dans un coup qu’ils n’ont que peu de chances de gagner. Le slowplay est une bonne option contre eux. Si au contraire, vous avez affaire à un opposant passif, il est primordial de miser, surtout hors position, car ce joueur aura tendance à ne pas miser s’il n’a pas un excellent jeu.

L’image que vous avez donnée à la table est aussi un élément à prendre en considération. Si vous avez été très agressif au flop sur les dernières mains que vous avez jouées, misant et relançant sans relâche, vous devriez continuer, surtout si vous êtes face à un adversaire quelque peu agressif et dominateur.

Il peut choisir ce moment pour vous sur-relancer et laisser parler son ego. A l’inverse, si vous avez été plutôt passif et avez abandonné votre main après une seconde mise au turn ou à la river, poursuivez dans cette voie et laissez-vous traîner un peu avant d’afficher la force de votre brelan !

Tous ces éléments font partie du metagame.

Le metagame est en quelque sorte l’historique de la partie et des parties précédentes.

Il est capital quand vous jouez régulièrement avec les mêmes personnes et que vous commencez à tous bien vous connaître. Si vos adversaires savent que vous ne callez jamais avec un brelan au flop, vous devriez varier parfois, et payer simplement, même sur un flop bicolore. L’élément de surprise pourrait vous faire gagner un pot plus important, car vos opposants vont plutôt s’attendre à ce que vous soyez sur un tirage couleur ou un jeu moyen.

Le metagame doit vous servir à tromper vos adversaires et à les emmener sur de fausses pistes. Par exemple, vous pourriez décider de caller au flop et au turn avec un brelan, action que vous ne faites jamais d’habitude. Ou relancer sur un flop dry avec un brelan en position.

Tous ces changements, même ponctuels, peuvent vous permettre de piéger vos adversaires et de maximiser vos gains, ce qui est le but principal quand on a la chance de flopper une main aussi belle qu’un brelan !

Avant de prendre une décision trop rapide avec un beau brelan, pensez toujours à l’ensemble de ces paramètres et tâchez de choisir la meilleure ligne de jeu possible selon la situation.

Vos actions seront alors plus pointues et vous permettront d’optimiser autant que possible votre brelan.

Bonne chance à tous sur les tables de Betclic et Everest Poker !

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