Fabrice Soulier : bilan et perspectives

Chant des cigales sur la terrasse, pastis sous la treille de vigne, spectacles de danse, de marionnettes, de chant, théâtre contemporain, théâtre classique, dîner avec les potes et la famille dans la douceur des soirées provençales… Voilà mon remède parfait à la folie des WSOP : partir de Londres directement vers Avignon, ma ville du sud, pour profiter du Festival, de mes proches et d’une atmosphère riche, bien loin de Sin City et de son rythme de fou…

Festival Avignon 2014Le Festival d’Avignon dure un petit mois en juillet et est depuis longtemps considéré comme la référence en matière d’arts vivants : cette année, pas moins de 1 300 spectacles étaient proposés à l’affiche ! De quoi rattraper une année entière à vivre dans sa valise sans trouver le temps ou l’énergie d’aller au théâtre. Mention spéciale donc cette année au « Porteur d’histoire » d’Alexis Michalik (Molière de la meilleure mise en scène et du meilleur auteur) déjà vu l’année dernière et au « Mangez-le si vous voulez » (Nomination Molière « meilleure création visuelle » et « meilleure mise en scène ») qui me font rappeler à chaque fois pourquoi un de mes rêves les plus chers (et les plus fous) est d’un jour posséder ma salle, avec fauteuils rouges et rideaux en velours…

Mention spéciale humour aussi à l’ami Arsène Mosca qui nous a fait beaucoup rire dans « Le clan des divorcées », un boulevard comme on les aime et qui fait du bien au moral !

Bref, vous l’aurez compris, j’avais bien besoin de ce grand écart culturel après un mois et demi passé sous le soleil brûlant de Vegas, ses casinos à paillettes et ses palmiers en plastique. Il faut dire en plus, que le séjour aura une fois de plus été particulièrement difficile, malgré une volonté à tout casser et des heures, des heures et des heures passées aux tables.

A l’heure du bilan, j’ai scoré trois deeprun/ITM (sur une vingtaine de tournois joués) pour un total de seulement 30 000$ alors que j’aurais buy-in pour environ trois fois plus… Il y a quelques regrets que je peux avoir… En effet, j’ai été monstrueux chip-leader dans trois tournois : une machine de guerre injouable qui tyrannise la table pendant des heures. Bref, tout ce que j’aime. Sauf que je n’ai pas su garder la barre assez droite pour m’assurer les places en finale. Alors qu’avec un peu plus de rigueur, j’aurais pu !

WSOP 2014_FabsoulDans le PLO 1,5k par exemple, j’ai perdu 3 coups de suite inévitables alors que j’étais énorme en jetons (à 50 joueurs restants) et du coup, j’ai pris à la fin un spot de gamble que j’aurais clairement pu éviter. Une forme de tilt mélangé avec le fait que ma compagne atterrissait à Vegas avec notre fille le soir même, probablement. Quoiqu’il en soit, c’est ce genre de décision qui fera la différence entre un score correct et « LA » super perf’ comme j’ai pu en réaliser ces dernières années. En effet, sauter en demi-finale ou en quart au lieu d’aller en finale ça n’a juste rien à voir, et ce, même sur des field très larges… Cet été par exemple, j’aurais fait une 15e, 24e et 42e place sur des fields de plusieurs milliers de joueurs et pourtant, je repars très déçu…

Il faut dire aussi que Vegas ne supporte ni la fatigue ni le manque de rigueur. Ce qui semble très incompatible avec la ville en elle-même, je vous l’accorde. Mais faire la fête toute la nuit (pire, TOUTES les nuits), spew quand on est tilté alors que c’était LE tournoi dans lequel on était énorme (et en se disant que c’est pas grave puisqu’il y en a un autre le lendemain) ou manquer de rigueur dans son hygiène de vie, ça ne peut pas donner grand-chose d’autre qu’un bilan négatif…

Vegas demande de la force, de la régularité et un focus intense sur ses objectifs. Je ne suis pas sorti beaucoup (deux ou trois fois à la fin du séjour) mais en bon jeune papa (enfin « jeune », façon de parler…) je ne suis pas arrivé avec un quota de sommeil au top : je suis arrivé hyper motivé, mais fatigué.

Ma fille est certes le meilleur des bébés du monde mais elle n’en reste pas moins un bébé qui a souvent faim, encore plus souvent besoin de câlins et qui adore papoter, surtout à 5/6h du matin… Bref, je suis arrivé avec une réserve de sommeil dans le négatif. Et si vous ajoutez ça au jet lag, inutile de dire que mes 15 premiers jours ont été assez difficiles d’un point de vue énergie et bankroll.

Du coup, c’est vrai que je n’avais rien à perdre en faisant venir toute la petite famille fin juin : au final, je n’y aurais pas perdu plus de sommeil mais gagné en moral ! Et si vous vous demandez à quoi ressemble un séjour à Vegas avec un bébé, je vous renvoie et vous conseille vivement de lire le blog de Claire, « Viedefish », et son reportage photo « baby in Vegas » !

GreenMan 2014 Pays De GallesNous nous sommes ensuite reposés à Londres (en prenant enfin le temps de bosser sur la déco de l’appart’) avant de partir dans le Pays de Galles quelques jours pour faire le plein de vert et surtout, nous rendre à un festival de musique comme seuls les British savent le faire : un mélange de groupes branchés (mais confidentiels, et souvent, on comprend pourquoi…), de stands écolo/hippie, d’ambiance à la fois familiale mais woodstockienne et surtout, avec une incroyable politique de « zéro déchets » : au bout de 3 jours en plein champ, il n’y avait pas un mégot par terre !

Bref, de quoi attaquer l’EPT Barcelone quand même en pleine forme, avec la ferme intention de marquer de nombreux points pour Everest Poker au Global Poker Index!

Enfin sauf si ma boulette de fille continue à vouloir voir le soleil qui se lève tous les matins depuis la terrasse… Espérons qu’elle me laisse au moins me rendormir un peu 🙂 !

Exprimez vous!

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