Conseils à la Une : La gestion de la bulle en tournoi par Benjamin Pollak

Afin de vous accompagner dans votre apprentissage du poker et de mieux maîtriser les aspects du jeu, Benjamin Pollak vous livre aujourd’hui ses conseils et astuces pour mieux gérer la phase de la bulle en tournoi et optimiser ainsi vos chances de victoire.

La bulle est une phase de jeu particulière où les ranges de play de vos adversaires ne seront pas identiques à ce que vous aviez pu examiner plus tôt dans la partie. En effet, certains vont jouer plus serré tandis que d’autres vont élargir leur range de mains et profiter du fait que la fold equity chez leurs adversaires soit élevée.

Benjamin Pollak

Benjamin Pollak

Comment trouver sa place et trouver la fréquence de play la plus juste en fonction de votre table et de votre stack ?

Dans un premier temps, vous devrez juger l’intérêt que vous avez à profiter de la bulle.

Ainsi, dans les tournois à field réduit (entre 100 et 300 participants donc le nombre de places payées n’excède pas les 27 joueurs), il est important d’intégrer que la bulle vous permettra de vous construire un stack qui aura directement un impact sur votre situation en table finale. Ainsi, les jetons que vous allez gagner représenteront beaucoup d’argent (en fonction de l’ICM).

A l’inverse, dans les tournois où le nombre d’ITM dépasse les 80 joueurs, votre intérêt à prendre des risques sera moindre et les jetons engrangés auront moins de valeur que dans le cas précèdent. Il est stratégiquement plus intéressant à conserver votre « capital jeton » que de le mettre en danger à ce moment-là.

Ayant ceci en tête, cette période « bullaire » sera toujours propice au mouvement de masses et il sera important d’ajuster votre jeu en fonction des nouveaux paramètres. Je pense qu’il est clairement mauvais d’engager la totalité de son stack en bluff. C’est pourquoi l’arme la plus redoutable en devient le « stack inducing » ! Si vous avez l’avantage en jetons, mettez la pression sur vos adversaires en augmentant votre fréquence de 3bet sur les tapis moyens (25-35bb) et essayez d’engager à terme (preflop ou post flop) 20-25% du tapis de vos adversaires, les obligeant à prendre une décision pour l’intégralité de leur stack. Cela peut être simplement un open sur la grosse blind d’un short (10-15bb) ou alors un coup développé sur plusieurs streets.

Prenons un exemple concret pour illustrer le propos. Je suis à 30 left du High Roller de l’EPT de Prague avec un stack légèrement au dessus de la moyenne et il n’y a que 27 payés. Il y a des très bons joueurs à table qui n’hésitent pas à prendre des risques. Je suis en milieu de parole et ouvre 2bb avec Js9s sur la grosse blind d’Isaac Haxton qui décide de défendre alors qu’il a 20BB devant lui. Sa range est ici any pocket paire et beaucoup de suited connectors allant de 5s6s à KsQs. Le flop est Tx7x2x, il check et décide de call mon Cbet de 2,5bb. Il y a maintenant un peu plus de 10bb dans le pot et le turn est un Kx. Isaac possède 15BB devant lui, ce qui rend mon bet au turn de 4bb très efficace car cela l’oblige à impliquer tout ses jetons au milieu à un moment du tournoi où « fold » peut lui rapporter beaucoup l’argent.

Même avec un stack moyen vous pouvez tirer avantage de cette situation. Si vous prenez en compte que la range d’ouverture ou de 3bet de vos adversaires devient très large, vous pouvez exploiter certaines situations en mettant à profit votre image tight (du fait de la bulle). Vous pouvez 3bet ou même cold 4bet en engageant que 20-30% de votre tapis (avec respectivement 20-25bb et 30-40bb) permettant d’induce cette fois ci, VOTRE stack entier.

Je vous invite à entrer en pratique et venir me retrouver sur l’un des tournois du réseau Ipoker #Betclic.fr ! Bonne chance à tous 🙂

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