Benjamin Pollak : Mes journées maltaises étaient rythmées entre sport, tournoi et cash game.

Portomaso, St Julians, Malta.

Un superbe endroit où séjourner si vous voulez allier confort, bons restaurants, climat méditerranéen, soleil, sports nautiques, sorties nocturnes et Poker !

Tous les ingrédients sont présents pour que votre escapade poker soit remplie en émotions.

stjulians

Crédit photo : Neil Stoddart

Fin mars, c’est l’EPT qui a choisi de poser ses valises sur le rocher Maltais pour la nouvelle étape du circuit!

A peine arrivé, les premières impressions sont étranges. Sur le chemin qui sépare l’aéroport à l’hôtel, on aurait presque l’impression de se balader dans une ville d’après guerre « beyrouthine ».

C’est une île qui a profondément gardé son empreinte d’après guerre par son architecture générale, lui laissant, je vous avouerai, un certain charme. Mais je vous rassure, le taux de criminalité y est inférieur qu’au Buisson de Cadouin en Dordogne (mon village familial☺)

Ce rocher a beaucoup de potentiel et on y voit de nombreux sites en construction.

Arrivé à Portomaso, le décor y est déjà plus moderne et méditerranéen. Le Hilton se situe sur la pointe d’une crique et à 2 minutes du port et des commerces. Jouxtant le casino, cette place est parfaite pour y passer une semaine pokeristique ☺

Cela tombe bien car mon programme était plutôt chargé pendant cette semaine EPT.

Ce séminaire commence avec le Super High Roller à 25k€. On rentre directement dans le vif du sujet. D’ailleurs je ne pense pas que cela soit une bonne idée de placer ce genre d’événement en début de séjour. Cela ne va attirer qu’une poignée de joueurs, ne laissant pas l’opportunité à certains, ayant réalisé une bonne semaine, de venir y participer. Bref !

Ce tournoi a vu donc une faible affluence avec seulement 88 entrées. Un chiffre très faible si on le compare aux 269 inscrits du 25k du PCA placé en fin des « series ».

Je n’ai pas vu mon tapis monter aux dessus du stack de départ. Ce fut un tournoi sans espoir, sans espérance de gain. Vous savez, ce genre de tournoi où vous êtes en « tout shuss » vers la sortie avec le vent dans le dos. Bah c’est tombé sur ce tournoi !

Une fois « out », j’ai regardé le field (évidemment assez relevé) et préféré investir mon temps et mon argent dans des « games » plus lucratifs, NO REBUY.

Crédit photo : Jules Pochy

Crédit photo : Jules Pochy

Les semaines EPT ne durent qu’une douzaine de jours et il est important de bien planifier son emploi du temps en fonction des tournois et des parties de cash game.
Et devant moi, je n’avais de prévu que le Main Event et le High roller. So time to play cash game. Et il y en avait pour toutes les bourses !

On pouvait y voir des parties allant de la 1€/2€ NLHE à la 200/400€ PLO. Sans vraiment rentrer dans les détails, mes sessions cash game se sont bien passées dans l’ensemble jouant de la 25/50 PLO jusqu’à la « tough one » ☺.

Mais je sais que vous êtes friands d’anecdotes alors je vais vous en donner une.

Je joue une partie de PLO 25/50 sans trop d’encombre et de coups difficiles. La partie est soft mais les masses ne bougent pas trop. Je commande un green tea, papote avec mon voisin de classe, quand j’aperçois au loin deux silhouettes jouant aux cartes tout en bavassant avec franche rigolade… je m’approche et reconnais un des protagonistes, « Rafi » de son surnom (très bon joueur de PLO).

– A quoi jouez-vous ?
– On se détend a l’holdem me dit -il.

Voyant des masses de jetons devant eux je leur demande :

– A quel tarif ?

Il me répond :

– On joue 200€/400€ avec une cave minimum à 20k€, tu peux t’asseoir si tu veux.

Je regarde son acolyte de table et reconnais alors « Leon », le patron de « King’s casino » qui est réputé pour mettre de l’action aux tables. A défaut d’en avoir à la mienne, je décide d’y mettre les pieds et d’y faire un « shot ». Après tout, les EPT ne durent que 12 jours, je ne vois pas pourquoi je me priverai des bons spots !

Je m’assois et demande du change au floor.

En l’espace de 5 minutes, la table s’est remplie pour avoir plusieurs joueurs en liste d’attente ! A croire que j’étais le pigeon que tout le monde attendait ☺ !

Soit ! La partie était composée de Rafi, Leon mais aussi de Sorel Mizzi, Paul Newey et 3 autres joueurs inconnus au bataillon.

Nous jouions en 8 handed et j’attendais clairement une main pour jouer en value dans ce genre de situation. Après 2 tours à fold mes mains, j’ouvre alors ThTd UTG ! Et les problèmes commencent ☺

Je relance à 1.100 € (quoi on est en value river dans un pot 4bet ?.. ah non pardon c’est juste preflop), tout le monde fold jusqu’au bouton qui décide de call (les blinds fold).

Nous sommes deux à voir un flop Kh 6h 2h.

J’ai deux 10 rouge et décide de Cbet à 1.400 € sachant pertinemment que je vais entendre un fold pas loin des 0%. Le joueur n’était clairement pas le profil à laisser tomber aussi facilement.

La turn est un 8c.

Je ne pense pas avoir de la value a bet maintenant car je ferais fold toute sa range de float au flop. Je check et il décide de bet 3.400€.

Vu la line que j’ai prise il n’y a pas de raison de fold ni de raise. Je call et nous voyons un Jc a la river.

Je check et le joueur réfléchit 2 minutes avant de pousser 10.600 et tapis.

Je n’avais que très peu d’informations sur le joueur et c’était le premier gros coup de la partie (évidement fallait que ça tombe sur moi ! une décision tough).

Je ne voyais aucun tell, il ne bronchait pas. Je n’avais pour moi que du « guessing play » sur sa range qui était évidemment composée de bluff mais la question était oserait-il me bluff sur une partie où il y avait des spots plus faciles ? Et puis j’ai vu alors son ami assis en face de lui le regardant bizarre comme s’il décelait quelque chose d’anormal. C’est un petit tell qui a permis de pencher ma décision vers un call !

Il ouvrit 9s 7s pour un float total au flop et une « open handed » au turn !

Et hop « tout chez papa » comme diraient certains !

Voilà pour la partie « off » du séjour. Évidemment cette main à eu une fin heureuse, mais cela m’arrive de perdre des coups aussi !

Vanessa Selbst (Crédit photo : Jules Pochy)

Vanessa Selbst (Crédit photo : Jules Pochy)

Apres 4 jours de cash game et de balades sur l’ile, le Main Event a pointé le bout de son nez. J’étais très excité à l’idée de le jouer sachant que c’était sa 1ere édition à Malte.

Malheureusement pour moi, il n’a duré pas plus longtemps que 45 minutes… J’ai ouvert AA au bouton et relancé a 800 sur 150/300, Tobias Reinkemeier me 3bet de small blind a 2.400. Je pousse 5.200 jetons devant moi annonçant un 4bet. Il n’a pas hésité longtemps à tout mettre (20k effectif) avec le fameux et légendaire A5s qui a pulvérisé ma main en floppant flush !

Heureusement que la salle de sport était bien équipée pour se défouler. D’ailleurs a ce niveau la, le Hilton est irréprochable ! Il possède une piscine intérieure de 20 mètres comprenant hammam et sauna ainsi que 2 terrains de squash #noexcuses.

Mes journées maltaises étaient rythmées entre sport, tournoi et cash game.

Douze jours intensifs auxquels j’essaie d’y mettre un maximum de discipline.

Le 3eme tournoi que je décide de jouer est le 2k. Un format de tournoi sur deux jours où vous pouvez transformer 2k en 100k #nowastingtime. J’adore ces tournois où vous prenez constamment des décisions décisives. Le gain horaire peut y être élevé !

Après l’avoir latereg avec 40bb (12k), je monte très vite à 30k en l’espace de deux heures (la moyenne est de 28k) quand survient les deux coups suivant consécutifs :

Vanessa Selbst relance à 1.700 sur 400/800 au HJ et je décide de flat As 9s au cut off, la big blind défend. Le flop est Ah Jd 3c. La BB ainsi que Vanessa check. Je pense clairement qu’elle veut me faire croire qu’elle a de la showdown value alors qu’elle doit probablement avoir 8 high. Je décide de check back pour la laisser bet au turn sa range.

La turn est un 5. Cette fois-ci, elle avance 3.600 jetons. C’est une joueuse qui se level énormément avec laquelle j’ai beaucoup joué en cash game live. Je décide de raise en value a 6.500 essayant de provoquer une erreur de sa part. Elle tank près de 5min, un joueur demande « time » et finit par fold sa main en faisant la moue…

Je lui demande alors si elle souhaite regarder une de mes deux cartes à la seule condition de me dévoiler une de ses cartes lorsque je le souhaiterai dans une main future. Elle accepte. Et c’est la que mes talents de magicien interviennent☺. J’ai mixé les deux cartes devant elle (mais je gardais un œil sur le 9 obviously) en lui laissant le choix de choisir celle qu’elle voulait, du moins l’illusion. C’est ce qu’on appelle « le choix équivoque ». Elle tire le 9 et pousse un soufflement d’énervement !

J’ai gagné 3 choses ici !
Le pot.
La position sur Vanessa en tilt
Et une free card chez elle ☺

La main suivante, elle open a nouveau a 1.700 et j’ouvre JJ juste derrière ! Maintenant que ma range de flat est light aux yeux de toute la table, je décide de flat à nouveau. Le cut off call et le bouton pousse ses derniers 3.500 jetons…

Vanessa décide de simplement call. Je « new york back raise » à 9.800 avec 26k derrière (elle me couvre légèrement). Elle décide de call et le flop est 445.

Elle check, je shove et elle m’insta call avec 66…

Le pot fait 3 fois la moyenne que je vois défiler devant moi quand le 6 frappe la river ! ☹

– « nice hand…»
– « sorry I made a bad call »
– « no worries … i didn’t lose everything, you owe me one card Vanessa ☺ »

J’ai eu alors 2 jours off pour me consacrer à nager et à jouer aux cash game. Not so bad !

Est venue l’heure du High roller a 10k€ réunissant 304 entrants, créant ainsi un prizepool nettement supérieur à la moyenne des HR de la saison. Good one to win !

Malheureusement pour moi j’ai trouvé QQ au day 2 ! Poor me ! ☺

Nous sommes aux blinds 1k/2K et un joueur open a 4.500 en milieu de parole. Max silver call au bouton et je squeeze de petite blind a 16.100. Seul Max call. Le flop est 972r. Je Cbet à 13.500 et il shove… Je call mes derniers 50k et il ouvre un lucky J9s pour trips river ! Mais ça, lui-seul le savait !

Voilà comment je voyais finir mon séjour sur cette roche sédimentaire. ☹Un manque de réussite dans mes showdown.

Benjamin Pollak en HU (Crédit photo : Jules Pochy)

Benjamin Pollak en HU (Crédit photo : Jules Pochy)

C’est à ce moment la que j’ai décidé d’utiliser la carte « luckbox », vous savez cette carte « chance » au monopoly.

Je m’inscris au dernier tournoi des séries, le 5k 6max turbo. What a lovely one ☺

Bien m’a pris car en l’espace de 8 heures, j’ai pu transformer 5k€ en 70k€ en finissant 2eme de cet évènement.

Et en plus de cela, en sortant du « cash out » j’ai pu aller rail ce head’s up francophone de folie au Main Event de l’EPT. Je n’aurai pas pu rêver mieux pour cette dernière journée !

Toutes ces émotions me donnent encore plus envie de me préparer à 200% pour la prochaine étape se déroulant à Monaco pour la finale de l’EPT ! Croyez-moi je serais dur à sortir !

D’ici la vous pourrez me retrouver à Gujan Mestras le week end du 18 et 19 avril pour l’épreuve de « l’EVEREST POKER LIVE ».

Bonne chance à tous !

MagicDeal

Commentaires

  1. lanski a écrit:

    merde ! pas un commentaire sur ce post …. mais c’est quoi cette communauté de fantomes !
    gg benjamin

    • Richard a écrit:

      Et pourtant, ce n’est pas faute de lectures! Je viens de regarder les stats et cet article, est celui qui récolte le plus de lectures en ce moment 🙂

  2. lanski a écrit:

    les commentaires a la wordpress sont pas tres engageants faut dire…
    de plus c les forumeurs du cp qui doivent venir et repartir illico

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