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Le New York Back Raise




Sous ce nom barbare se cache un move bien connu des joueurs professionnels : le New York Back Raise ! En provenance de la ville de New York (assez évident !), ce coup a été créé à la base pour contrer le squeeze play.

La technique est de payer la relance d’un joueur agressif avec une très bonne main (paire d’As ou de Rois, éventuellement As-Roi assortis ou paire de Dames), en espérant qu’un joueur agressif derrière vous saisisse l’occasion pour squeezer. Quand la parole vous revient alors, vous allez sur-relancer sa sur-relance !
Le joueur qui a sur-relancé va alors être dans un sacré pétrin, avec un gros pot et un adversaire qui montre beaucoup d’agressivité. Tel est pris qui croyait prendre !

Plusieurs conditions sont requises pour que ce move marche de façon optimale. Le relanceur initial doit être un joueur large-agressif. En effet s’il est serré, les joueurs vont être moins enclins à le sur-relancer, craignant un 4 bet ou un all-in de sa part. Alors que si c’est un joueur connu pour relancer des mains marginales ou moyennes, ses adversaires ont moins peur qu’il détienne une très forte main, et votre call peut leur donner une excellente opportunité de faire un squeeze play.

La deuxième condition est la présence de joueurs agressifs, coutumiers de moves (comme le squeeze play), derrière vous. Plus il reste de joueurs à parler, mieux c’est. Vous devez évaluer l’agressivité du bouton et de la grosse blinde notamment, car ce sont les positions où les joueurs sont les plus susceptibles de tenter un squeeze play. Par contre, si la table est globalement passive, n’essayez pas de faire un New-York Back Raise, vous risqueriez de vous retrouver dans un pot multi-joueurs avec votre paire d’As, ce qui n’est pas la meilleure situation pour vous !

Enfin, si vous avez déjà effectué ce move peu de temps auparavant, il est probable que vos adversaires s’en souviennent et squeezent moins fréquemment. Le New York Back Raise dans cette situation a plus de chances d’échouer.



Le New-York Back Raise a plusieurs objectifs :

• Construire un gros pot avec une grosse main

Si vous sur-relancez le relanceur initial, les joueurs derrière vous vont souvent se coucher et vous allez être en tête-à-tête avec lui. Vous montrez beaucoup de force donc l’action que vous pourriez obtenir sera limitée, sauf si quelqu’un se réveille avec un « monstre », ce qui n’est pas si courant.
Au contraire, en vous contentant simplement de payer la relance, vous ne dévoilez pas la force de votre main. Vos adversaires vont plutôt penser que vous payez avec une petite ou moyenne paire, voire des connecteurs assortis. Comme le relanceur initial est large, des joueurs malins et opportunistes peuvent effectuer un squeeze play en se disant que ni le relanceur ni vous ne pourrez payer une grosse sur-relance. Très souvent le premier relanceur va jeter sa main, sauf s’il a une bonne main comme une paire de Valets ou une paire de Dames et qu’il suspecte fortement le joueur qui a 3 betté de tenter un move. C’est à ce moment-là que vous sur-relancez à votre tour, créant un très gros pot.

Exemple : En tournoi, un joueur large-agressif relance à 3 grosses blindes en hijack. Vous payez sa relance avec paire de Rois au cut-off. Au bouton, un autre joueur très agressif squeeze à 15 grosses blindes. Les blindes passent. Le relanceur initial passe également. Vous sur-relancez à 35 grosses blindes. Il y a maintenant 54,5 grosses blindes dans le pot (sans compter les antes) et votre adversaire doit payer 20 grosses blindes pour suivre. Sa cote du pot est de plus de 2,7 contre 1. A moins qu’il ne suspecte que vous ayez une paire supérieure à la sienne, il doit payer quoiqu’il arrive. Vous avez réussi à créer un pot de 74,5 grosses blindes au flop. Si vous aviez 3 betté le relanceur initial, le pot serait seulement de 21,5 grosses blindes (relance à 3 BB, sur-relance à 9 BB payée). La différence est considérable.


• Punir les joueurs hyper-agressifs


Le New York Back Raise est un très bon coup pour sanctionner les joueurs qui relancent et squeezent très régulièrement. Après que vous ayez réussi un New York Back Raise avec une main légitime (A-A ou R-R), les joueurs parlant après vous vont vous donner plus de respect sur vos cold call. Ils vont craindre que vous ne possédiez une main très forte chaque fois que vous paierez une relance. Vous allez donc pouvoir payer avec un plus large range de mains, sans vous faire squeezer systématiquement par des joueurs hyper-agressifs.


• Contrer un bluff par un autre bluff


Voici une variante du New York Back Raise : le NYBR en bluff ! Le déroulement est le même que pour un NYBR classique sauf que votre main n’est pas une paire d’As mais quelque chose comme 2-2 ou 7-8s ! Pourquoi tenter un NYBR en bluff ? Et bien justement parce que la plupart des joueurs imaginent qu’un NYBR est toujours effectué avec les As ou les Rois, donc ils vont jeter toute main inférieure ! Evidemment, il est essentiel que vous ayez montré un New York Back Raise légitime auparavant, et que vos adversaires soient d’un très bon niveau pour comprendre ce que vous faites. A une table de débutants, ne pensez même pas une seconde à faire ce move !
 
Les connecteurs assortis sont des bonnes mains pour effectuer un NYBR en semi-bluff car elles se défendent bien contre les grosses broadways type As-Roi ou As-Dame. Si vous allez voir un flop avec encore un peu de tapis derrière, elles permettent de toucher un bon flop ou de c-better/abandonner. Les petites paires peuvent trouver un brelan et éventuellement être la meilleure main si votre adversaire a deux grosses cartes.

 

Risques du New York Back Raise


Le risque principal est que personne ne relance derrière vous : vous vous retrouvez alors au flop avec une grande main dans un petit pot. Mais le plus catastrophique est quand les joueurs placés derrière vous décident de suivre à leur tour le relanceur. Une succession de calls peut aboutir à un pot de 5 ou 6 joueurs au flop ! Une très mauvaise nouvelle pour la paire d’As qui perd énormément de force face à de nombreux joueurs. Le mieux est alors de miser directement au flop ou de relancer une ouverture pour vous situer. Mais si vous êtes payé, vous aurez bien du mal à savoir si vous êtes devant ou derrière, sauf à avoir floppé le magique brelan d’As (ou mieux le carré !).

Soyez donc bien attentif aux joueurs restants à parler quand vous callez une relance avec les As ou les Rois. Ils ne doivent pas être trop passifs, et les joueurs aux blindes doivent avoir tendance à défendre leur petite et grosse blinde. Si ce n’est pas le cas, vous vous exposez à une grosse déconvenue. Les joueurs calling station ou larges-passifs sont également une plaie, car ils vont se contenter de payer avec un large éventail de mains et inciter les joueurs suivants à caller.



Stratégie avancée : induire un bluff après un New York Back Raise


La taille de mise de votre New York Back Raise est très importante en cash-game. Vous ne devez pas 4 better trop fort pour laisser l’espace au 3 betteur de vous 5 better à tapis en bluff avec de la fold equity. Autrement dit, vous ne devez pas sur-relancer trop fort, pour laisser la possibilité à votre adversaire de pousser son tapis, en pensant qu’il peut vous faire jeter votre main.

Exemple : Partie de cash-game online. Chaque joueur a 100 grosses blindes. Joueur A relance à 3 grosses blindes, vous payez 3 grosses blindes. Joueur B sur-relance à 16 grosses blindes. Tout le monde passe et joueur A jette sa main aussi. Maintenant vous allez sur-relancer, mais la question est de savoir de combien ?

Si vous sur-relancez à 3 fois le montant de sa relance, cela signifie que vous misez 48 grosses blindes. En mettant la moitié de votre tapis, vous indiquez clairement que vous êtes totalement engagé dans le pot. Votre adversaire ne peut donc pas vous bluffer en envoyant son tapis : il sait que vous paierez quoiqu’il arrive.

Maintenant si vous faites une petite sur-relance à 35 grosses blindes, vous laissez une possibilité à votre adversaire d’envoyer ses 100 grosses blindes en bluff. Pourquoi ? Parce que votre petite sur-relance parait bien faible, vous pourriez être en train de tenter un move et surtout, de son point de vue, vous ne semblez pas complètement engagé dans le pot.

Dans le premier exemple, votre cote du pot est de 152/53 = 2,9 contre 1
Il suffit que vous ayez 25 % de chances de gagner le pot pour que le call soit rentable. Hormis si vous possédez une paire et êtes opposé à une paire supérieure, n’importe quelle main du hold’em permet de faire le call après son tapis.

Dans le second exemple, votre cote du pot est 140/65 = 2,15 contre 1
Il faut maintenant que vous ayez 32 % de chances de gagner pour justifier le call. Cela peut sembler une très bonne cote mais étant donné l’action préflop, si votre adversaire a un bon As comme As-Roi ou As-Dame, il peut se dire qu’il vous domine parfaitement si vous avez un As inférieur. De même avec une paire servie assez haute, si vous avez une paire inférieure, vous n’avez qu’environ 21 % d’équité de remporter le pot, ce qui est insuffisant pour caller. Cette seconde mise est donc bien meilleure, car votre adversaire peut décider d’aller à tapis avec une main moins bonne que dans le premier cas. Il peut mal estimer votre range de mains pour faire un New York Back Raise et aller all-in en bluff. Vous n’avez plus qu’à tranquillement caller avec votre paire d’As !

 

En résumé, le New York Back Raise est un bon move, apte à freiner les ardeurs des joueurs très agressifs et à induire de la tromperie dans votre jeu. Cependant plusieurs conditions doivent être remplies pour qu’il soit efficace. Quoiqu’il en soit, vous possédez maintenant une arme importante pour contrer les squeezeurs fous à votre table !


 

Le New York Back Raise
Comment jouer un brelan floppé ?

Stratégie  




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