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Les bases du Sit’n Go Heads Up



Depuis quelques années, le poker ne cesse d’évoluer, et les Heads Up (HU) sont devenus au fil du temps, l’une des formes les plus populaires de celui-ci. Dans cette variante lucrative, les cartes n’ont que très peu d’importance, c’est la technique et la psychologie qui dominent, deux points abordés tout au long de cet article.


Le jeu préflop

Tout d’abord, voici un petit rappel de la situation en Heads Up :
La petite blinde (SB) est placée au bouton. Elle parle en premier préflop mais aura la position sur le reste du coup.
La grosse blinde (BB) va parler en dernier préflop, mais sera hors position pour le reste du coup.

Vous allez donc vous retrouver dans une situation d’attaque (le bouton) et de défense (la BB) une fois sur deux et votre jeu devra être complètement différent dans chacune de ces positions.

En Heads Up, vous n’êtes que deux et il est bien évidemment exclu de faire une sélection de main semblable au full ring. Ne jetez que très peu de mains préflop et évitez de limper. N’oubliez pas que c’est un jeu d’agression, et qu’il faut en profiter, surtout en position d’attaque, au bouton. Dans cette position vous allez ouvrir avec plus de 70% des mains, c'est-à-dire toutes les paires, n’importe quel As, les cartes assorties et toutes les broadways. Ajoutez beaucoup de mains du genre, ou , et votre range sera correcte. Il faudra bien sur l’adapter aux réactions de votre adversaire pour avoir un jeu efficace.

La situation de défense (celle de la BB) est très différente. Si votre adversaire est un bon joueur, il va relancer beaucoup de mains, surement le même genre que celles citées précédemment. Pour ne pas subir tous les coups dans cette position, il va falloir le 3bet avec une range très large, tout en sachant que vous serez hors position après le flop. Il n’y a ici pas de range miracle, l’essentiel sera encore une fois l’adaptation à la dynamique de la partie, que vous devrez prolonger sur toutes les streets.


Le jeu au flop et postflop

L’initiative prise préflop devra souvent être poursuivie avec un continuation bet, sachant que vous et votre adversaire ne toucherez votre flop qu’une fois sur trois. Il ne faut cependant pas avoir peur de placer un 2nd, voire un 3eme barrel dans les situations appropriées, en bluff ou pour valoriser votre main. Tout va se jouer sur l’analyse du betting pattern et sur l’adaptation par rapport à celui-ci.


Analyser le betting pattern : Comme dit plus haut, Le HU est la variante où vos cartes ont le moins d’importance. Ici, c’est la lecture de la main adverse qui sera le plus gros du travail. Il faudra se poser les bonnes questions au bon moment et analyser minutieusement le betting pattern, que l’on pourrait traduire par « habitudes de mises », adverse. Repérer le betting pattern consiste à remarquer les attitudes caractéristiques des joueurs en fonction de leurs mains en se posant des questions simples, telles que :

- Surrelance t’il toujours avec ses prémiums (AA, KK, ..) ?
- Est-ce qu’il surjoue ses tirages ?
- Avec quelles mains me fait-il des check/raise au flop ? au turn ? à la river ?
- Paye-il 3 barrels avec top pair ?
- Préfère t’il payer ou 3bet avec deux paires au flop ? Et sur les boards à tirages ?
- Comment joue-il ses brelans floppés ?
- Quelle main il a quand il fait un overbet ?
- Avec quelle main met-il du temps à miser ?

S’adapter à cette lecture : Le but de l’analyse précédente est de pouvoir s’adapter correctement à son adversaire pour en tirer profit. Comme pour toute partie, il n’y a pas de plan de départ défini pour jouer correctement un Heads Up, il faut jouer le jeu optimal contre le jeu de votre adversaire.

Contre un adversaire passif, qui joue un poker assez prévisible, il va falloir être l’agresseur. Miser et relancer à chaque fois que l’occasion se présente. C’est le type de joueur idéal, facile à lire, qu’il faudra pousser dans ses derniers retranchements par l’agression. Le forcer à faire des erreurs dans des coups qu’il n’aurait pas joués de cette manière normalement.

A l’inverse, un joueur agressif voudra prendre le contrôle de la partie, et il faudra être un peu plus patient. Attendre qu’il fasse des erreurs qui vous permettent d’exploiter son agressivité, et lui tendre des pièges. Il ne faut cependant pas se laisser marcher dessus en l’agressant en retour dans les spots favorables.

Varier son jeu : Votre adversaire sait très bien que vous l’observez et que vous vous adaptez selon ses actes. Il en fait de même de pour vous, et il va falloir éviter d’être lisible. Le meilleur moyen d’effectuer correctement cette tache est de polariser ses ranges, c'est-à-dire de jouer de la même façon toutes sortes de mains, que ce soit un monstre, un tirage ou un bluff. Si vous effectuez un check/raise avec un beau tirage, et que vous faites la même chose en bluff par exemple, votre adversaire ne saura plus où se placer et commettra plus souvent des erreurs, qui pourront lui couter cher.

La situation de fin de SnG

Les conseils que vous allez trouver dans cette partie de l’article sont transposables à la situation de fin de tournoi. Les blindes montent depuis un moment et représentent désormais une forte proportion de votre tapis. Il va donc falloir être encore plus agressif que tout au long du SNG, en relançant toutes les mains, avec pour but de voler le plus de pot (les blindes et antes), quitte à faire tapis sur les relances de votre adversaire. Si votre adversaire est assez passif et fold beaucoup préflop, il ne faudra pas faire tapis avec sur une attaque de sa part. Cependant cette main serait plutôt bonne contre un adversaire qui relance tout ses boutons. Il faudra également savoir avec quelle range payer le tapis adverse lorsqu’il vous est envoyé, mais là encore ce n’est qu’une question d’adaptation.



Quelques conseils

Gérer sa bankroll :Avoir une bonne gestion de bankroll est primordial au poker. En Heads Up, toutes les mains sont jouées et les tapis ont vite fait de voler dans tous les sens pendant les confrontations les plus agressives, et il est assez commun de perdre une dizaine de buy-in de suite. La variance est donc maximale et cette gestion vous permettra de ne jamais finir broke si vous jouez un jeu gagnant. Pour ce mode de jeu, Il est conseillé de jouer avec au moins 50 buy-in d’avance. Une bonne gestion permet également de réduire sa proportion au tilt, abordée dans le point suivant.

Evitez de tilter :Là encore, ce n’est pas spécifique au Heads Up, mais la variance étant plus importante dans celui-ci, il est plus facile de tilter. Il n’y a pas de méthode miracle pour l’éviter, cependant si votre gestion de bankroll est bonne, il faudra juste vous rappeler que le poker est un jeu qui se joue sur le long terme. Perdre 10 buy-in de suite n’est pas grave si les décisions sont bonnes, les statistiques finiront par s’équilibrer dans le futur.

Ne multitablez pas trop : Pour utiliser correctement votre arme principale, l’observation, pendant ces parties il est conseillé de ne pas trop multitabler pour rester concentré et ne pas rater d’information cruciale sur le jeu de votre adversaire.

 

 


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