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Comment aborder la river ?



La river est un tour d’enchères très particulier au poker. Toutes les cartes ont été dévoilées, et c’est le dernier tour d’enchères avant l’abattage. Le pot est généralement gros et la moindre erreur se paye cash : faites donc bien attention à ce que vous faites !

Quand on arrive à la river, il y a déjà eu beaucoup d’actions et les joueurs sont parfois un peu trop pressés d’en finir. Mais il s’agit d’un tour d’enchères capital, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a plus de cartes à tirer et que la situation est généralement plus claire qu’au début du coup. Si vous avez la meilleure main, vous avez 100 % de chances de gagner, et non plus par exemple 85 % préflop avec une paire d’As. Toute mise que vous pouvez soutirer à votre (ou vos) adversaire(s) est donc un profit pur et simple.


A contrario, si vous êtes à peu près certain de ne pas avoir la meilleure main, vous devez envisager vos chances de gagner le pot de la seule façon possible : en bluffant ! Pour cela, une bonne connaissance de votre adversaire est requise, ainsi qu’une bonne analyse de la manière dont s’est déroulé le coup. Nous allons voir les différents cas de figure possibles à la river.
 



 

I. Force de votre main par rapport au board


C’est la première chose à considérer. Si le tableau comporte une paire, le jeu max est carré, et des fulls sont possibles. Si le tableau ne comporte pas de paire mais au moins 3 cartes assorties, le jeu max est une couleur. Si le tableau ne comporte ni paire ni 3 cartes assorties, mais que les cartes sont connectées et permettent une quinte, vous devez envisager celle-ci. La plupart des tableaux permettent une quinte, rares sont ceux dont le jeu max est un brelan.

Pourquoi ce petit rappel ? Et bien parce que si vous possédez un brelan sur un board avec 3 cartes assorties et une paire, vous êtes loin de posséder un monstre ! Vous ne devez donc pas vous enflammer à la river, en pensant que vous avez une main très forte. De nombreux jeux vous battent, donc miser n’est pas toujours nécessaire. C’est une erreur commune à la river, que de tenter de valoriser un jeu moyen sur un board dangereux. Le plus souvent vous ne serez payé que par des mains qui vous battent, sauf si vous avez une image de bluffeur et qu’on vous a déjà vu bluffer à la river auparavant sur un tel tableau.

Une bonne règle pour savoir quand miser ou quand garder le pot petit (en checkant/callant) est de vous demander combien de combinaisons différentes vous battent. Si une seule combinaison vous bat, vous pouvez miser. Si plusieurs combinaisons vous battent, vous devriez garder le pot petit.

Par exemple : sur le board 8V748 avec 10-8 en main. Vous avez certes un brelan de 8 mais regardez le nombre de mains qui vous battent.
Full : V8, 87,VV, 77, 44
Quinte : 10-9, 56
Brelan supérieur : A8, R8, D8

Cela fait beaucoup de mains. Quand à vous, certes vous battez les paires, double paires, et brelan de 8 avec un kicker inférieur (98, 86, 85…) mais ces mains vont-elles vraiment payer une enchère importante à la river sur un tel board ? Ce n’est vraiment pas sûr.

Qu’en est-il d’une relance à la river ? En règle générale, vous ne devriez relancer à la river qu’avec le jeu max ou quasi-max. Si vous relancez avec une main moyenne, vous n’allez être payé que par des mains qui vous battent, car une relance sur le dernier tour d’enchères représente souvent une très bonne main. Voici un tableau des mains avec lesquelles vous pouvez relancer selon la nature du board.

Carré / Full possible >>> Relancer uniquement avec un carré ou un full
Couleur possible >>> Relancer uniquement avec une couleur, minimum à la Dame
Quinte possible >>> Relancer uniquement avec la quinte max ou la deuxième meilleure quinte
Brelan possible >>> Relancer uniquement avec le premier ou le deuxième brelan
C’est assez restrictif mais vous devez comprendre qu’à moins de jouer contre de faibles joueurs, vous n’obtiendrez pas plus de profit à relancer la mise à la river d’un joueur avec une main inférieure à celles mentionnées ci-dessus.



II. Historique des enchères et éventail de mains adverses


L’historique des enchères a une grande importance dans le choix de l’action que vous allez effectuer à la river. S’il y a eu une mise suivie au flop et une mise suivie au turn, il vous faut un jeu fort pour payer une troisième mise ou miser vous-même à la river. S’il n’y a eu qu’une mise suivie et un check, deux paires constituent une main avec laquelle vous pouvez miser en fonction de la dangerosité du tableau (quinte, couleur possibles, etc.).S’il y a eu deux checks, vous pouvez tenter de valoriser une top paire. Cependant n’oubliez pas que la main moyenne à la river est deux paires. Miser avec moins de deux paires signifie que le tableau est peu dangereux, que votre adversaire n’a pas montré beaucoup de force et qu’il peut vous payer avec moins que top paire. Si ces 3 conditions ne sont pas réunies, vous devriez éviter de miser.

Les actions de votre adversaire peuvent vous permettre de déterminer son range de mains, aussi appelé éventail de mains. S’il mise au flop et check au turn quand apparait une carte effrayante, puis check à nouveau à la river, il n’a souvent qu’une main moyenne voire rien du tout. S’il mise deux fois, au flop et au turn, il a souvent une main raisonnablement forte. Par conséquent ne misez pas à moins d’avoir un jeu très fort. Même chose pour les bluffs : ils fonctionneront nettement moins bien face à un joueur qui a utilisé une telle séquence d’enchères.

S’il y a des relances durant la main, au flop ou au turn, vous pouvez placer votre adversaire sur une excellente main. S’il relance quand une carte qui complète un tirage sort, vous devriez lui donner de la crédibilité sur la main qu’il représente. A moins qu’il ne bluffe fréquemment sur ce genre de cartes effrayantes ou ne soit un fervent adepte des semi-bluffs, abandonnez le coup. De même à la river, si un joueur qui a simplement checké et suivi vos mises se met à ouvrir fortement quand une carte complétant un tirage rentre, vous pouvez lui faire confiance le plus souvent pour posséder cette main.
III. Différentes actions possibles



1. Vous parlez en premier

Avec le jeu max ou une main très forte, vous devriez miser un bon montant. Vous ne savez pas si votre adversaire va miser si vous checkez, donc par défaut il vaut mieux le faire vous-même. Si vous êtes relancé, payez avec le deuxième ou troisième meilleur jeu possible, et sur-relancez avec les nuts (ça coule de source) !

Avec un jeu moyen, comme le brelan max sur un board autorisant une quinte et une couleur, la meilleure stratégie est de checker dans l’intention de caller la mise de votre adversaire. S’il mise avec un jeu plus faible ou qu’il bluffe, vous prenez sa mise. S’il mise avec un très bon jeu, vous avez peut-être économisé des jetons en évitant de vous faire relancer. En fait vous utilisez votre main comme un « bluff catcher », c’est-à-dire une main pour attraper un bluff. Votre main n’est pas suffisamment forte pour ouvrir à la river, mais elle l’est pour payer une mise. En checkant face à un joueur agressif, vous induisez un bluff de sa part s’il n’a rien (un tirage manqué par exemple) et qu’il sait que miser est la seule manière pour lui de remporter le pot.

Avec un jeu faible voire rien du tout (une hauteur ou une paire basse), vous devez évaluer si un bluff a de bonnes chances de fonctionner. Cela dépend des actions de votre adversaire dans la main, de son profil (serré ou large), de l’historique qu’il y a entre vous, des mains que vous avez récemment montrées etc. Ne bluffez pas un joueur faible ou trop large, privilégiez les bluffs contre des joueurs serrés et des joueurs qui ont montré de la faiblesse durant le coup (en checkant au turn par exemple).


2. Vous parlez en dernier

Vous avez un plus grand nombre de choix à votre disposition. Si votre adversaire a checké avant vous, vous devez évaluer la profitabilité qu’il y a à miser. Tout d’abord, sachez que peu de joueurs sont assez retors pour vous faire un check-raise à la river. Un joueur qui checke à la river a vraisemblablement un jeu faible ou moyen. En checkant, il se prépare soit à abandonner si vous misez, soit à payer une mise raisonnable. Si vous possédez un jeu correct, comme deux paires ou un brelan sur un tableau moyennement dangereux (quinte possible), vous pouvez valoriser votre jeu en misant. Vous êtes pratiquement certain d’être devant, alors ce n’est que du profit supplémentaire. De plus, vous ne montrez pas votre main gratuitement.

Si vous avez une main moyenne, vous devez évaluer si une mise a du sens ici. Rappelez-vous toujours qu’une mise au poker est soit un value bet, soit un bluff. Si vous n’arrivez pas à définir parfaitement pourquoi vous misez, vous devriez plutôt checker à la place. En revanche, avec une main comme une paire basse ou une hauteur, vous pouvez tenter un bluff, sachant que vos chances de gagner le pot au showdown sont infimes. Mais combien miser ?

Il y a un gros piège à éviter, qui est de miser un gros montant pour faire fuir votre adversaire. Un bon joueur va se rendre compte de ce que vous faites, et il pourrait faire un « hero call » avec une simple paire par exemple. Au contraire, misez une somme comprise entre la moitié et la hauteur du pot. C’est souvent plus effrayant et cela ressemble plus à un value bet qu’à un bluff. Toutefois, ne misez pas trop petit car la cote du pot serait très alléchante pour votre adversaire et il pourrait vous payer pour cela, en plus d’obtenir une information sur votre jeu pour un montant minime.

La river est un tour d’enchères très important que vous ne devez pas négliger. Savoir quand miser, quand checker, savoir analyser les séquences d’enchères et savoir déterminer la dangerosité d’un board sont des éléments indispensables pour ne pas commettre d’erreurs, qui sont beaucoup plus importantes que les erreurs précédentes au flop ou au turn, en raison de la taille du pot. Prenez le temps de réfléchir au coup avant de vous jeter à l’eau !
 

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Comment aborder la river ?
Le slowplay



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