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Le check-raise






Le check-raise est une technique très utile à incorporer dans votre jeu. Il s’agit d’un move agressif qui permet de dérouter vos adversaires, en vous donnant de bonnes chances de gagner le pot ou en le faisant grossir lorsque vous possédez une bonne main.

 

Qu’est-ce qu’un check-raise ?

Un check-raise est une technique consistant à checker hors-position, dans l’idée de relancer après que votre adversaire ait misé. C’est donc un coup d’anticipation qui doit être préparé et avoir un but précis.

 

1er objectif : Faire grossir le pot avec une bonne main

Avec une main comme top paire top kicker, deux paires ou brelan, sur un flop relativement quelconque, faire un check-raise peut être meilleur que de miser directement. Pourquoi ? Parce que si votre adversaire a quelque chose, comme la top paire mal kickée ou la deuxième paire, miser immédiatement peut le faire fuir et il jettera sa main. Alors que si vous checkez et qu’il s’agit d’un joueur suffisamment agressif, il peut faire une ouverture pour savoir où il se situe. C’est à ce moment-là que vous effectuez votre check-raise en relançant sa mise.

Exemple : Vous relancez préflop avec  en 5ème position et votre adversaire vous paye en 6ème position. Le pot est de 10 €. Le flop affiche  . Vous avez deux paires max, le flop est plutôt dépourvu de tirages et vous devez parler en premier. Avec un jeu aussi fort sur un flop anodin, et contre un seul adversaire, il serait dommage de faire fuir votre opposant. Donc miser immédiatement peut avoir pour conséquence qu’il jette sa main. Alors que si vous checkez, il pourrait faire une tentative pour voler le pot, ou tenter de se situer dans le coup avec une main moyenne comme D-V ou R-10. Dans ce cas, vous pouvez le check-raiser après qu’il ait misé. S’il mise 8 € et que vous le relancez à 24 €, vous avez amené plus d’argent dans le pot que si vous aviez misé directement 8 € et qu’il vous ait payé. De plus, il doit maintenant payer 16 € pour espérer gagner un pot de 42 €, la cote du pot est alors de 2,6 contre 1, soit une cote correcte pour payer. S’il paye, le pot sera de 58 € au turn. Alors que si vous aviez simplement ouvert au flop et qu’il avait payé, le pot ne serait que de 26 €, soit moitié moins ! En choisissant le check-raise, vous avez contribué à faire grossir un pot que vous avez de bonnes chances de gagner.

2e objectif : Piéger plusieurs joueurs dans un pot multi-joueurs

Dans les pots multi-joueurs, des opportunités intéressantes de check-raise s’offrent à vous. Si vous floppez une superbe main, comme un brelan, mais que le flop comporte beaucoup de tirages, il peut être préférable de check-raiser plutôt que d’ouvrir directement au flop. Pour quelle raison ? C’est une question de cotes du pot et de cotes implicites. Si votre ouverture est payée par un joueur derrière vous, la cote du pot pour les joueurs suivants devient meilleure, et alors une série de calls peuvent survenir, vous mettant dans une situation embarrassante au turn. Alors qu’un check-raise va tout simplement détruire les bonnes cotes de vos adversaires, et ruiner leurs cotes implicites car le pot sera très gros dès le turn, donc leurs espoirs de rentabiliser leur tirage s’ils le touchent, vont s’amenuiser.

Exemple : Préflop, deux joueurs limpent devant vous. Vous complétez votre petite blinde avec 5-5, une bonne main pour un pot multi-joueurs. La grosse blinde checke et vous vous retrouvez dans un coup à quatre joueurs. Pour votre plus grand bonheur le flop dévoile . Le problème, c’est que votre main, qui est probablement la meilleure pour l’instant (vous n’êtes battu que par 6-6, 9-9 ou 7-8), est exposée aux nombreux tirages qui émaillent du flop. Si vous avez quelques joueurs agressifs derrière vous, dont vous savez qu’ils miseront avec des mains comme A-9, 8-8 ou 7-7, c’est une bonne idée de checker et ensuite de les check-raiser.

Le point clef est de repérer quel est le joueur le plus susceptible de miser et quelle position il a par rapport à vous dans ce coup. S’il est immédiatement à votre gauche, c’est une excellente situation. Pourquoi ? Parce que s’il ouvre le pot, il reste encore deux joueurs entre lui et vous, donc deux joueurs susceptibles de payer sa mise pour aller chercher un tirage. Quand la parole vous revient, vous pouvez alors faire une grosse relance qui a de fortes chances de vous faire gagner le coup tout de suite ou de faire gonfler énormément le pot. Faites attention à ce qu’un ou plusieurs joueurs soient vraiment enclin à miser après votre check, car un check généralisé serait une catastrophe, en octroyant une carte gratuite à tous vos adversaires !

 


Les joueurs agressifs comme Gus Hansen aiment fréquemment effectuer des check-raise.

 

3e objectif : Représenter une main forte (bluff)  

Un check-raise signifie très souvent une main forte et a tendance à effrayer les adversaires qui y sont confrontés. Voilà pourquoi, à l’occasion, vous pouvez vous en servir en bluff : c’est ce qu’on appelle un check-raise en bluff. Un check-raise en bluff est comme son nom l’indique un bluff ! Par conséquent vous ne devez le tenter que sous certaines conditions.

Premièrement, vous devez avoir l’image d’un joueur serré et vous ne devez pas avoir montré de bluff récemment. C’est un point capital car un check-raise en bluff coûte cher et vous devez vraiment avoir de grandes chances de le réussir pour tenter ce coup.

Deuxièmement, votre adversaire doit être capable de jeter une main, même assez bonne. Ce qui signifie que vous ne devez pas bluffer les calling stations ou les joueurs trop curieux et trop attachés à leur main, qui paieront votre relance.

Troisièmement, vous ne devez avoir qu’un seul joueur contre vous. Contre plusieurs adversaires, vous aurez du mal à faire passer tout le monde parce qu’au moins un de vos opposants aura trouvé un tirage valable ou une paire.

Enfin, vous devez sentir de la faiblesse chez votre adversaire. Il peut s’agir d’une mise plus faible que d’habitude, ou d’un tell particulier que vous avez repéré. Car le but n’est pas de check-raiser un joueur qui a les nuts ! Evitez de tenter ce move contre une serrure ou un joueur réputé pour miser avec des bonnes mains.

Typiquement, vous allez tenter un check-raise en bluff quand un adversaire abuse visiblement des continuation bet au flop. Une observation préalable de la fréquence à laquelle il mise est nécessaire. De même, un joueur qui a tendance à miser quand vous checkez peut faire l’objet d’un check-raise. Quoiqu’il en soit, ne tentez pas cette action à la légère.

Une dernière chose : si votre check-raise en bluff est payé, n’hésitez pas à envoyer une autre mise au tour d’enchères suivant. De nombreux joueurs payent en floating ou avec une main moyenne, pour voir si vous allez poursuivre vos mises sur la street suivante. Ne soyez pas effrayé et misez à nouveau !


Points faibles du check-raise

Le premier point faible du check-raise est que si jamais vous vous êtes trompés, et que votre adversaire ne mise pas, vous lui laissez une carte gratuite. Hors, laisser une carte gratuite au Hold’em No Limit n’est jamais bon. Veillez donc à bien connaître votre adversaire pour savoir s’il est vraiment agressif ou s’il checke assez régulièrement en position.

Faites aussi attention à la texture du board. Un flop ou un turn qui présente beaucoup de tirages, comme un tirage couleur et des tirages quinte, n’est pas un bon spot pour faire un check-raise, sauf si votre opposant aime souvent semi-bluffer ses tirages. Une excellente connaissance de votre adversaire est primordiale pour savoir sur quels tableaux il va miser, en fonction des mains qu’il joue et de la ligne de jeu qu’il adopte dans un coup.

Le second inconvénient est qu’il coûte plus cher qu’une mise classique. Par exemple, si vous avez l’habitude de miser la moitié du pot, dans un pot de 100 vous miseriez 50. Mais si maintenant vous attendez que votre adversaire mise, disons 50, votre check-raise va vous coûter environ 150 (trois fois sa mise initiale). Un check-raise coûte donc trois fois plus cher qu’une ouverture classique, voire plus, si votre adversaire mise à hauteur du pot. Si vous n’avez pas le nuts, ou que vous tombez contre une réelle main, cela s’avère coûteux. Il faut donc éviter de check-raiser des jeux moyennement forts, surtout sur des tableaux très connectés ou monocolores. Le retour de bâton pourrait être douloureux !

Sur un flop 7-9-10, si vous avez A-10, ce n’est pas une bonne situation pour check-raiser. Face à un joueur agressif, vous risquez de vous faire à nouveau relancer par une main à tirage, type 8-7 ou V-10 et donc vous pourriez jeter la meilleure main. Préférez check-raiser sur un tableau sec, comme 7-2-R, avec A-R ou 2-2 par exemple.


Faites attention au tableau quand vous effectuez un check-raise...

 

Troisième défaut, vous pouvez faire fuir des mains moyennes que vous auriez aimé garder en jeu. C’est le cas quand vous avez un jeu supérieur à top paire. Avec deux paires ou brelan, il vaut mieux miser directement. Pourquoi ? Parce que vous allez plutôt représenter une paire dans votre façon de miser, alors qu’un check-raise représente trop de force et peut faire douter votre adversaire. Misez deux fois est plus profitable et moins effrayant pour votre opposant, qui peut penser que vous défendez une paire voire que vous continuez votre continuation bet en bluff sur deux streets.

Une variante consiste à miser le flop et check-raiser le turn si vous affrontez un adversaire qui suivra rarement deux mises consécutives mais peut floater au flop et tenter de voler le pot au turn en misant après votre check. Dans ce cas-là, vous ramassez une mise supplémentaire. Cette tactique est efficace contre les joueurs serrés qui peuvent bluffer, les joueurs larges qui floatent régulièrement au flop ou les maniaques qui saisissent la moindre occasion pour vous relancer (s’il ne l’a pas déjà fait avant !).

 

Quand check-raiser ?

Le plus souvent vous ferez un check-raise au flop, car c’est le meilleur moment pour effectuer ce move. En effet, si vous êtes le relanceur préflop et que vous checkez le flop, votre adversaire va souvent miser soit pour voler le pot soit pour se situer dans la main. Si vous êtes dans un pot multi-joueurs et que vous êtes dans les premiers à parler, il y a de grandes chances que quelqu’un derrière vous ait trouvé quelque chose et mise, donc checker et relancer ensuite est efficace.

Au turn, c’est plus délicat de tenter un check-raise et cela nécessite de parfaitement connaître le joueur en face de vous. S’il est trop souvent passif, misez directement, car il ne misera pas assez souvent au turn pour rendre cette tactique profitable. S’il est agressif, vous pouvez par contre le laisser miser à votre place.

Le tableau est important aussi : si votre adversaire est un bon joueur, il peut profiter de certaines cartes au turn pour bluffer. Par exemple une carte qui complète une couleur ou une quinte, voire la deuxième paire du flop qui double. Si vous êtes convaincu qu’il n’a pas cette carte, alors tentez le coup et laissez-le bluffer. Mais attention, c’est un move à haut risque ! Soyez certain de bien connaître votre opposant et d’avoir une bonne lecture de la situation.

Enfin, si vous avez plusieurs fois envoyé une double barrel dans la partie où vous jouez, checkez cette fois-ci. Votre adversaire pourrait enfin penser que vous êtes faible et saisir l’occasion de prendre le pot.

Le check-raise à la river est un coup très rare. Vous ne devriez pas l’utiliser la plupart du temps quand vous possédez un bon jeu et souhaitez le valoriser. En effet, la plupart des joueurs vont checker après vous à la river s’ils ont un quelconque jeu pour voir l’abattage gratuitement.

Cependant, avec encore une fois une connaissance poussée de votre adversaire, cela peut être un bon coup dans quelques situations. La première se produit dans un coup où vous avez été assez passif ou défensif mais avez finalement touché un bon jeu. Votre adversaire a misé tout le long du coup, et vous pensez qu’il a minimum deux paires voire un brelan. Si vous avez un jeu supérieur et que vous savez qu’il va tenter de valoriser son jeu, vous pouvez lui laisser l’initiative à la river. L’avantage est que vous gagnez sa mise s’il ne paye pas, alors que vous n’étiez pas sûr de vous faire payer en misant. Mais quand le pot est gros, il est difficile de jeter sa main, alors si votre adversaire a ce que vous pensez qu’il a (un bon jeu !), il va rechigner à caller mais il finira par payer à contrecœur, au moins pour voir votre main.

Une deuxième situation survient quand vous avez la quasi-certitude qu’un check-raise à la river sera interprété par votre adversaire comme un move très fort et qu’il pourra jeter sa main. Vous allez alors tenter un check-raise en bluff à la river ! Mais attention, il faut que vous ayez une excellente image, celle d’un joueur très serré, que le tableau concorde avec votre histoire (comme une carte qui complète une couleur à la river, alors que vous avez callé les mises de votre adversaire tout le long du coup) et que vous soyez en face d’un joueur très bon et très réfléchi pour qu’il puisse jeter une main forte. Autant dire que ce n’est pas un coup que vous effectuerez très souvent ! Si vous jouez souvent avec les mêmes personnes et que vous avez déjà tenté ce coup avec une main forte, il a plus de chances de passer, donc vous pouvez l’essayer en bluff. Mais cela reste très difficile, et votre dernière mise doit être bien ajustée pour faire fuir votre adversaire. Certains joueurs se coucheront si vous envoyez le tapis, mais d’autres seront plus suspicieux. Vous devrez essayer d’être crédible tout du long ; par conséquent ce coup technique reste très délicat et ne doit être utilisé qu’en de rares et précises occasions.

Mots clés : Check-raise
Le check-raise
L'importance de la position
Le vol de blindes



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