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Eric Larchevêque raconte son EPT


27 Février 2009 16H30 par
Eric Larchevêque raconte son EPT

Mon EPT Copenhague

Après 6 EPT joués sur les deux dernières années et aucunes places payées, je ne m’asseyais franchement pas en favori à la table 5 place 10. Sachant en plus que ce tournoi serait particulièrement relevé avec une majorité écrasante de scandinaves pour qui le poker est une véritable religion.

Day 1
 
Je ne reconnais que deux personnes à ma table : le spécialiste du cash game hautes limites Markus Golser, et le champion EPT Varsovie saison 4 Michael Schulze.
 
Les 2 premiers niveaux vont se révéler catastrophiques pour ma pile de jetons (je vais en perdre 40%) et mon moral. Non seulement je vais très mal jouer, mais je vais en plus rentrer dans une grande frustration. Heureusement le break arrive et cela me permet de me remotiver : « Faut pas lâcher, j’ai encore un gros tapis, rien n’est joué ! J’ai pas payé 7000 € pour m’avouer vaincu au bout de 2 heures ».
Le moral a une importance capitale en tournoi, et arriver à ne pas sombrer dans la loose attitude suite à un mauvais départ fait partie des critères clé de réussite.
 
2 joueurs payent la blinde de 150, c’est relancé à 500 et je décide de payer depuis ma grosse blinde avec une paire de 5. Le flop tombe, magique : 5 7 J. Je check raise le relanceur initial, qui me renvoie son tapis que je paye instantanément. Il montre AA et ma main tient : je double. J’arrive à gagner encore quelques pots et je termine ce 3ème niveau à plus de 15,000 jetons (10.000 jetons au départ).
 
Le moral est au beau fixe ! La suite de la journée va être sans histoire, je vais osciller entre 10,000 et 15,000 sans jamais jouer de gros coups. A 20 minutes de la fin cependant, alors que les blindes sont à 300/600 et que je suis revenu à mon stack de départ se passe la main clé suivante : Markus Golser relance à 1800 en début de parole. C’est passé jusqu’à ma grosse blinde où je découvre KQ. Je décide de gambler (tout en pensant qu’il peut passer car j’ai une bonne image à la table) et envoie mon tapis. Il finit par payer avec JJ et je gagne le coin flip.
 
Je termine donc la journée avec 21,600 soit un tapis tout de même relativement confortable par rapport aux blindes 400/800 du lendemain.
 
Day 2
 
Il reste 184 joueurs pour 40 places payées. La route est encore longue et je sais que je vais devoir me battre avec mes 25 grosses blindes, même si je n’ai pas encore le couteau sous la gorge.
 
Je vais mal commencer la journée encore une fois, en descendant à 11,000 au bout d’une heure : mes tentatives de vol se font contrer et je vais devoir passer JJ après une relance et une sur-relance (QQ et AK). Je trouve peu après un bon spot pour doubler quand je pousse mon tapis avec AK assortis et suis payé par A10, le flop KKJAQ me donnant les nuts dès le turn.
 
Pendant 2h30 il ne se passe pas grand-chose, et mon tapis est à 27,200 quand commence le niveau 1000/2000. Le field s’est énormément rétréci vu qu’il ne reste plus que 63 joueurs, soit encore 23 places avant l’argent.
 
C’est à ce moment que va commencer le rush dont tout le monde rêve : je vais multiplier mon tapis par 5 en 15 minutes ! Attention, vous êtes prêts ? C’est parti !
 
Un joueur italien weak tight relance à 6000 depuis sa petite blinde. Je vois KJ sur ma grosse blinde et décide de défendre. Flop J T 6. Il overbet 13,000 j’envoie mon tapis car j’ai trouvé le flop que je cherchais et aucune raison de passer (s’il a AJ ou QQ, tant pis). Il va passer AQ malgré 6,000 jetons seulement à rajouter et je ramasse un gros pot sans showdown (et donc sans aucun risque).
Juste après Luca Pagano envoie son tapis en début de parole (environ 30,000) je vois QQ et pousse all-in derrière. Il montre 10-10 et ma main tient. Je passe à 79,000.
10 minutes plus tard je relance au bouton avec AQ assortis. La grosse blinde, un joueur qui vient d’arriver à la table et qui ne sait pas que je joue de manière très solide me paye juste. Flop A J 9. Il checke, je mise 7,000 (représentant un as que je ne suis pas censé avoir car je suis tout de même au bouton) et il envoie son tapis ! Il me couvre légèrement. Je suis un peu perplexe mais je ne peux pas vraiment passer top paire deuxième kicker dans ces conditions et je paye. Il montre A3 pour une belle livraison (il aurait pu juste relancer à 17,000 par exemple ca suffisait pour me bluffer si je n’avais rien ou un très mauvais As).
 
Je me retrouve donc à 130,000 aux blindes 1200/2400 et pour la première fois du tournoi je peux vraiment me relaxer. Il va pourtant arriver une main contre Jonas Klausen, un excellent joueur danois, qui va me couper en deux, et remettre en question cette rapide domination.
 
J’ouvre à 6,500 avec AK et Klausen me paye en position. Les blindes passent. Flop K Q 7 tout à pique (je n’ai pas l’as de pique). Je mise 8,000 et il me paye. Turn : Q de cœur. Je checke call une mise de 19,500. River : J de carreaux. Je checke à nouveau, il mise 29,000 dans un pot de 72,200 et je commets l’erreur de payer. Il montre QJ et me retrouve à 80,000 jetons.
 
Malgré cette grosse perte, je reste confiant et ne pars pas en tilt : j’ai certes mal joué le coup mais j’ai aussi limité la casse et je ne m’en sors pas trop mal (si j’avais check raisé à tapis au turn comme j’aurai certainement fait il y a un an car moins expérimenté, je perdais bien plus).
 
La journée va se terminer tranquillement : je ne vais pas jouer beaucoup de coups et lorsque la bulle éclate (signifiant la fin du day 2), je me retrouve avec 83,000 jetons.
 
Day 3
 
Je suis 29ème en jetons et les blindes de 1500/3000 vont me laisser un peu de répit. Je n’ai pas l’intention de gambler et souhaite continuer dans ma stratégie de survie, développant un poker serré très agressif préflop.
 
Une fois n’est pas coutume, ma journée va très mal commencer et je me retrouve à 40,000 jetons au début du deuxième niveau 2000/4000. Avec 10 grosses blindes, je dois pousser à la première main correcte venue, ce que je fais avec A10 et AK/KK en resteal. Je monte donc à 100,000 sans aucun showdown, ce qui me donne de quoi voir venir.
Pendant ce temps là, les joueurs tombent comme des mouches.
 
Je vais osciller autour de ce montant jusqu’à cette main très chanceuse : j’ai 76,500 (22 personnes encore en course) quand un joueur très actif ouvre en début de parole à 12,000. Je vois 88 et pousse mon tapis en espérant le faire passer (et me retrouver en coin flip au pire). Il a une paire d’As donc il me paye dans la seconde et je me dis que le tournoi est terminé. C’est sans compter sur un magnifique 8 de trèfle qui tombe en river et vient me ramener chez les vivants !
 
Je suis à nouveau hors de la zone de danger et je vais patiemment folder (tout en faisant quelques moves de temps à autre) jusqu’à 16 joueurs. Je ne vais pas voir grand-chose et sur une table très agressive il me sera impossible de voler. Je descends jusqu’à 75,000 quand je double avec AJ contre A9 puis AA contre AJ ! Encore un rush qui me propulse à 300,000 jetons.
 
Nous nous retrouvons vite à 9 joueurs et c’est la mini bulle : plus qu’un joueur et nous tenons notre table finale ! Personne ne veut sauter et le jeu s’est très resserré. Je ne touche rien et vais tomber à 221,000 jetons quand Michel Lundell finira par sauter sur un coin flip perdu.
 
Finale
 
Je suis le plus petit tapis de la table, mais je ne m’inquiète pas trop : j’ai l’habitude !
Si j’ai la chance de toucher un petit rush comme hier, je peux remonter dans le top 3 en deux coups.
 
Je vais être card dead et ne vais donc pas trop tenter de moves. Jonas Klausen va sauter en 8ème  position quand son resteal avec 77 se heurte à une paire d’As.
 
J’arrive à faire un resteal contre le future vainqueur Jens Kyllonen mais en dehors de cela mon tapis fond petit à petit.
 
Rasmus Nielsen ouvre en début de parole, je vois KQ et décide de tenter ma chance. Je n’ai vraiment plus rien à perdre et pousse tout mes jetons au milieu. Il me paye avec 22, et un flop horrible de 22x va apporter un carré à mon adversaire et réduire à néant mes espoirs d’un titre EPT.
 
Quoiqu’il en soit, je ne regrette rien, il préfère sortir ainsi plutôt que de me laisser mourir à petit feu. Autant avant il était stratégique d’attendre et de laisser les autres s’entre tuer, autant là mes options étaient plutôt réduites.
 
Je termine donc 7ème  pour un gain de 113,000€ soit mon meilleur résultat à ce jour. Je suis très heureux de cette première performance sous les couleurs de la Team Cénacle et j’attends à nouveau d’en découdre lors du prochain EPT à Dortmund dès le 10 mars.
 
 
Retrouvez le compte rendu complet de son tournoi avec l’intégralité des mains jouées et des analyses plus profondes sur toutes ses décisions, sur le blog d’Eric Larchevêque.

Le blog de la
Team Cenacle.
 
 
 

 


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Mots clés : Eric Larchevêque, EPT Copenhague


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