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Les World Series of Poker débarquent en Europe
Mine de rien, l'évenement est historique. C'est aujourd'hui, le 6 septembre 2007 que les World Series of Poker, l'évenement pokeristique le plus prestigieux de la planète, quittent pour la première fois leur terre natale, les Etats-Unis, pour s'installer en Europe, à Londres, plus précisément.
Avec le boom que connait le poker en ce moment en terres Européennes, l'occasion était trop belle pour Harrah's (le casinotier propriétaire des WSOP) de venir concurrencer les circuits déjà existants içi, tel l'European Poker Tour de PokerStars.
Cette première édition de notre côté de l'Atlantique tient lieu de coup d'essai. Trois tournois seulement sont au programme, et si l'expérience est concluante, nul doute que le festival grossira en taille l'année prochaine.
Deux mois à peine après vous avoir fait vivre les WSOP à Las Vegas, Poker.fr vous fera vivre en (quasi) direct l'action, onze jours durant.
On commence tout de suite avec l'épreuve de HORSE à 2,500£ (soit environ 4,000€), qui vient de démarrer. A bientôt pour les premiers développements surprenants de ce tournoi qui s'annonce rempli à craquer de stars Américaines.

C'est en plein centre de Londres, à Leicester Square, que se trouve le casino principal de ces WSOP Europe : l'Empire. Deux autres batiments seront utilisés pour le Main Event à 10,000 livres.
HORSE 2500£, Day 1
14h30 - C'est parti ! Autour des quinze tables, le tout premier tournoi de l'histoire des WSOP joué en dehors des Etats-Unis a démarré de manière plutôt calme, à l'intérieur d'une minuscule salle au rez-de-chaussée de l'Empire Casino. Environ dix tables s'y trouvent, complétées par cinq tables supplémentaires sur la mezzanine au premier étage.
Les plus grosses stars Américaines ont répondu présent à l'appel des World Series, et ont fait le déplacement en masse. En fait, c'est bien simple, une majorité des joueurs assis autour des quinzes tables viennent d'Outre Atlantique. Phil Hellmuth, Doyle Brunson et son rejeton Todd, Barry Greenstein Jennifer Harman, Andy Bloch, Jeff Madsen, Michael « The Grinder » Mizrachi, John Juanda, Scott Fischman, Jesse Jones, Scotty N'Guyen... Y'a du lourd !
Où sont les Européens, me direz-vous ? Quelques uns de nos meilleurs joueurs sont de la partie, tel Gus Hansen, qui a pris sa place, légèrement en retard, en face de Thor Hansen (Norvège) et Joe Beevers (Grande-Bretagne). A côté, Jani Sointula et sa longue crinière blonde, Marcel Luske, Barny Boatman, Dave Coclough...
Harrah's a fait un pari des plus risqués en mettant au programme des WSOP Europe une discipline qui n'a jamais percé en Europe : le HORSE, acronyme des cinq jeux qui la composent, joués en Limit à raison d'un jeu par tour de table : Hold'Em, Omaha High/Low, Razz, Stud et Stud High/Low. Le Limit n'est que très peu joué en Europe, de même que le Stud, qui représente tout de même les trois cinquièmes d'un tournoi de Horse. En conséquence, la partie n'était pas gagnée d'avance pour les organisateurs.
Au final, Harrah's a pu compter sur le soutien des stars US, qui ont grandement contribué à faire dépasser le nombre de cent inscrits. Vous avez bien lu : seulement cent particpants environ pour cette toute première épreuve des World Series of Poker en Europe. Nul doute que l'affluence devrait être autrement plus conséquente pour la seconde épreuve, du Pot-Limit Omaha qui va ravir nos joueurs Européens.

Comme vous pouvez le constatez, notre auteur préféfé François Montmirel (à droite) a bénéficié d'un tirage de table extremement favorable (sic), en prenant place directement à la gauche de la légende Doyle Brunson, qui pratique quotidiennement les cinq variantes du HORSE depuis plus de 40 ans.

Combien de stars sur cette photo ? Gus Hansen est au premier plan. Derrière lui, Jennifer Harman, Andy Bloch et Pascal Perrault, l'un des trois seuls Français en course.
Le premier sortant des premiers WSOP Européens
15h03 - Ce n'est autre que Marcel Luske, le "Flying Dutchman", qui, pour le coup, a volé en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "Omelette Hollandaise". Faut dire qu'il était à une table un tantinet difficile, avec Thor Hansen, Gus Hansen, Justin Bonomo, et j'en passe. On retrouvera Marcel dans deux jours au départ d'une épreuve qui lui conviendra sans doute un peu mieux (soyons honnête, le Stud n'est pas sa spécialité) : le Pot-Limit Omaha à 5000 livres.

Un aperçu de la salle principale qui comporte dix tables. C'est très très exigu, et la presse n'est même pas autorisée à circuler entre les tables. Par contre, c'est un peu plus relax' à l'étage, où se trouvent cinq tables supplémentaires.

Thor Hansen et Justin Bonomo, qui avait fait bonne figure lors du HORSE à 50,000 dollars lors des WSOP, avant de terminer à la "bulle".
15h24 - Pour vous donner une idée du niveau de jeu qui règne aujourd'hui dans cette "petite" épreuve de HORSE, jetons un oeil à la composition de quelques tables :
Table 12
Siège 1 : Andreas Hoivold (Norvège) Vainqueur de l'EPT de Dortmund en Mars
Siège 3 : Jeff Lisandro (Australie) Un bracelet aux WSOP cette année
Siège 5 : Phil Gordon (USA)
Siège 6 : JJ Hazan (Grande-Bretagne) Second aux Master Classics d'Amsterdam 2006
Siège 7 : Patrik Antonius (Finlande) Est-il encore besoin de le présenter ?
Siège 8 : Howard Lederer (USA) 2 bracelets WSOP, 2 titres WPT
Table 5
Siège 1 : Phil Hellmuth (USA)
Siège 2 : Jeff Madsen (USA)
Siège 4 : Tony G (Australie)
Siège 5 : Pascal Perrault (France) avec 8,000 en jetons (tapis de départ = 10,000)
Siège 6 : Andy Bloch (USA)
Siège 7 : Jennifer Harman (USA)
Alors, c'est qui le pigeon à la table, hmm ?
Les pros de Full Tilt alignés comme à la parage : Andy Black (qui vient d'etre éliminé), Gus Hansen et Allen Cunningham
15h36 - Les chiffres officiels de participation viennent de tomber : 105 joueurs au total se sont inscrits à l'épreuve de HORSE, pour un prize-pool qui devrait avoisiner les 250,000 livres (calculation approximative faite par mes soins)
16h00 - Je retrouve les Français durant le deuxième break, après un peu plus de trois heures de jeu. Les niveaux ont une durée inhabituelle de 100 minutes, ce qui représente un bon compromis entre les niveaux d'une heure des tournois réguliers des WSOP, et les niveaux de deux heures du Main Event.
Assis à côté de Doyle Brunson, François Montmirel n'a pu que constater que le vieux de la vieille ne "commettait jamais d'erreur". A moitié endormi (c'est l'âge, et le décalage horaire), Doyle ne laisse cependant rien passer de l'action, toujours aux aguets. François possède 7,000 en jetons. Les limites vont passer à 300/600 (blindes 150/300), et avec Pascal Perrault, tous deux sont d'accord pour dire que "l'on va commencer à assister à de gros écarts." Autrement dit, les pots joués vont commencer à être conséquents. Tout peut basculer très rapidement, dans un sens ou dans un autre, en particulier dans les coups de Stud qui comportent un tour d'enchère supplémentaire.
De son côté, Pascal est assis derrière 13,000, toujours à la même table "de la mort" : Hellmuth, Madsen, Harman, Bloch, Tony G...
A côté de nous, le clan des Vegassiens, tous réguliers du "Big Game" du Bellagio, discute aimablement : Patrik Antonius, Jennifer Harman, Doyle et Todd Brunson... Erik Seidel s'ennuie, et tapote sur son téléphone portable, assis devant une machine à sous. Plus loin, les frères Mizrachi ont trouvé de quoi occuper leur break : ils placent des mises de 500 livres sur le tapis de roulette, en compagnie de David Williams.
18h52 - A l'étage, une interessante conversation se déroule entre Jeff Lisandro, Howard Lederer et sa soeur Annie Duke. Le sujet du moment : l'excentrique champion du monde 1996, Huckleberry Seed, connu pour son comportement étrange, et sa réputation de reclus.
"- Oui, quand il a remporté le Main Event, il était vraiment au top. Pendant deux, trois ans....
- Mais ensuite, on ne l'a plus trop vu...
- Oui, il s'est un peu cassé la gueule. Après, disons, 1999, il a commencé à jouer de manière très bizarre. Erratique. Je comprenais pas.
- Depuis quelque temps, il a retrouvé la forme, cependant.
- Oui, tant mieux pour lui."
Howard Lederer raconte ensuite son anecdote favorite à propos de Huck.
"Un jour, il y a quelques années, Huck Seed m'a appelé.... Ce qui est déjà une histoire en soi, car Huck n'apelle jamais. Impossible de fixer un rendez-vous avec lui. Ce sera toujours "Ouais, on se voit demain... Peut-être." Bref, Huck m'apelle ce jour là. Il m'explique qu'il est au Costa Rica, et qu'il a fait le calcul : il pourrait vivre convenablement avec 20 dollars par semaine seulement. Il y croit dur comme faire. "Mais si, je t'assure, je peux m'en sortir. Je reviendrai pas à Vegas. Je m'installe içi. Tu penses que tu peux m'envoyer 50 dollars, histoire que je me lance ?"
20h05 - C'est l'heure de la cloche ! L'arrêt-dîner vient d'être annoncé, il se prolongera jusque 22 heures. 300 minutes ont passé, durant lesquels une quinzaine de joueurs seulement ont subi l'élimination, portant le nombre de joueurs restant à environ 90.
Parmi eux, les 3 Français du jour sont encore en course. Pour Bruno Fitoussi, "ça va pas du tout", citation que j'ai réussi à lui arracher avant qu'il ne parte manger. Du côté de Pascal Perrault, on grimpe à 17,000.
Le plan de François Montmirel se déroule pour le moment sans accroc. Il est passé à 22,000 après plusieurs bons coups, dont le moindre n'est pas celui qui l'a vu éliminer le dangereux Ted Forrest (l'un des meilleurs joueurs de Stud du monde, excusez du peu.)
Montmirel s'est débarrassé de l'Américain sur un coup de Texas Hold'Em, avec deux Dames contre As-8 sur le flop 10-8-6.
Plus tôt, François avait remporté un gros coup de Stud High/Low. Il était rentré dans le coup avec (A-A)6 (une excellente main de départ). Les mises se sont succédées jusqu'à la septième carte, au terme de laquelle notre Français avait loupé ses multiples tirages. Avec une simple paire d'as pour le "High", et strictement rien pour le "Low", il n'en menait pas large. Surprise à l'abattage quand il réalise que son adversaire se trouve dans la même situation : il retourne une paire d'As, accompagné d'un tirage "low" manqué. Montmirel remporte le coup avec son kicker Roi, battant d'un cheveu la Dame de son vis à vis.
A sa droite, Doyle Brunson est toujours en course avec 17,000.

Avant de partir manger, voiçi un cliché du seul participant au tournoi ayant les cheveux verts
Rendez-vous vers 22heures (23 heures à Paris)
22h05 - Les joueurs sont de retour au Casino Empire, et sont prêts à s'asseoir autour des 12 dernières tables pour une bataille plus qu'acharnée qui se prolongera jusqu'à trois heures du matin. Combien y'aura t-il de survivants ce soir ? Qui sera chip-leader ? Qui va rentrer à son hotel les poches vides et le coeur gros ? Vous le saurez en restant avec nous, en exclusivité mondiale* pour Poker.fr
* enfin presque
23h25 - Ces World Series of Poker à la sauce Européenne sont à des années lumières de leur parents Américains. On est très loin ce que j'ai pu observer au jour le jour six semaines durant à Las Vegas cet été.
Du gigantesque hangar de l'Amazon Room, on passe à une minuscule salle, basse de plafond, à l'intérieur de laquelle on a fait rentrer tant bien que mal une dizaine de tables de poker. Des extravagants tournois à plusieurs milliers de joueurs, on passe à une compétition intime ne réunissant guère plus de cent joueurs.
On se croirait presque revenu à la glorieuse époque du Binion's Horseshoe, où l'histoire du poker s'est écrite en lettres d'or de 1970 à 2005. Car certes, il y a peu de joueurs au départ, mais ce ne sont pas n'importe lesquels. Autour de chaque table, on peut reconnaître aisément chacun des visages qui y sont assis.
Présentement, il reste environ 80 joueurs à l'intérieur de la salle. On a perdu, en vrac, Tony G, Todd Brunson, Michael Mizrachi.... Nos trois Français sont toujours en course. Bruno Fitoussi est au fond, contre le mur, et il m'est impossible de m'en approcher. Mais des sources bien informées m'indiquent que le runner-up de l'épreuve de HORSE à 50,000$ et récent millionnaire se situe dans la zone rouge avec environ 3,000 en jetons. Pascal Perrault et François Montmirel sont quand à eux toujours assis derrière de confortables piles de cylindres en céramique colorés et marqués de différentes valeurs (aussi appelés « jetons » dans certains milieux autorisés.)
Les spectateurs remplissent à ras bord le minuscule espace libre situé devant les tables, et il nous est bien difficile de nous approcher pour ne serait-ce qu'apercevoir un semblant d'action. Ca, je commence à en avoir l'habitude, après plusieurs expériences frustrante au cours des précédents tournois que j'ai couverts.
Ce qui, en revanche, est totalement nouveau, c'est la salle de presse (l'endroit indispensable pour couvrir tout bon tournoi qui se respecte, avec Internet sans fil et prises pour brancher nos ordinateurs portables). Celle-ci se situe à l'hôtel Hampshire, a trois minutes de marche du casino, de l'autre côté de Leicester Square. Au moins, je ne pourrai pas me plaindre de rester enfermé toute la journée dans un casino : à chaque fois que je fais l'aller et retour entre les tables et mon ordi pour vous rapporter les infos, je suis obligé de prendre l'air...
01h00 - En parcourant les 300 mètres de marche à pied qui me séparent du casino, je croise Doyle Brunson marchant lentement jusqu'à son hôtel, Patrick Antonius, Bruno Fitoussi ou encore Kenny Tran. Bigre, on dirait que le rythme des éliminations s'est sacrément accéléré depuis une heure. En arrivant à l'intérieur de la salle du tournoi, je constate l'étendue des dégats : à une heure de la fin de la partie, il ne reste plus que 60 joueurs sur les 105 qui étaient au départ en début d'après-midi.
Ah, les joies du HORSE... Il ne se passe rien pendant toute la journée, et puis d'un seul coup, la machine s'emballe et les têtes tombent à toute vitesse.
Notre Pascal Perrault national en est, au moins en partie, responsable : il a nottament éliminé coup sur coup Andy Bloch et Phil Hellmuth à sa table. Depuis la table d'à côté, Gus Hansen a tenté de le consoler du mieux qu'il pouvait : « Phil, tu as parfaitement joué le coup. En fait, c'est le coup le plus beau que j'ai vu aujourd'hui. » Avec un rire jaune, Hellmuth a répondu : « Merci de mentir, Gus. »
L'enfant terrible du poker est encore présent à l'intérieur de la salle, malgré que son tapis soit d'approximativement zéro. Avec Johnny Chan, ils sont en train de régler les détails de la partie de poker Chinois qui commencera dès la fin du tournoi ce soir.
Pascal Perrault est donc en grande forme en cette fin de journée, avec un tapis équivalent à deux fois la moyenne : 31,000. A sa table, quelques nouveaux venus (Howard Lederer, Jimmy « Gobboboy » Fricke ) sont venus le rejoindre. Jennifer Harman et Jeff Madsen continuent de s'accrocher.
Au fond de la salle, Scotty N'Guyen, fidèle à ses habitudes, sirote une bière. François Montmirel est encore là, avec un tapis réduit. Pour une raison que j'ignore encore, François s'est absenté durant un bon bout de temps, laissant les blindes et ante mettre sérieusement à mal son tapis.
Plus qu'une heure de jeu, et on marquera une trêve pour la nuit...
50 joueurs ont passé le premier tour
02h06 - Tel un couperet, ce Day 1 de l'épreuve de HORSE des WSOP-Europe a réduit de moitié le nombre de joueurs au départ, le faisant passer de 105 à 50. Parmi les dernières éliminations, on notera Thor Hansen, Marco Traniello et Johnny Chan, victime d'une "roue" As-5 de Gus Hansen sur un coup de Stud High/Low.
Pascal Perrault a littéralement nettoyé sa table tout au long de la journée. Sa dernière victime ne fut autre qu'Howard Lederer, rejoignant Phil Hellmuth et Andy Bloch sur l'étagère à trophée du Français, qui commentera ensuite : "Je joue mieux contre ces mecs là, je suis plus à l'aise qu'à une table avec quatre mecs qui font n'importe quoi." Avec 35,200 en jetons, Pascal fera partie du peloton de tête au départ du Day 2.
François Montmirel, lui, s'est effondré après un coup de Stud assassin où son brelan de sept perdit contre un brelan de Rois. A tapis à maintes reprises durant la dernière heure, Montmirel sera présent demain, mais avec à peine de quoi couvrir un tour de blindes : 1200.
Encore en course, en vrac :
John Juanda
Mel Judah
Scott Fischman
Eirk Seidel
Eli Elzera
Max Pescatori
Barny Boatman
Jeff Lisandro
Andreas Hoivold
Chris Ferguson
Kirk Morisson
David Williams
Joe Beevers
Allen Cunningham
Gus Hansen
JJ Hazan
Alex Kravchenko
Demain, pour le Day 2, une table finale à huit va se décider. Entre temps, on atteindra les places payées, au nombre de 16.
Répartition des prix en finale :
Vainqueur 70,875 £ (grosso modo 105,000 euros)
Second 40,688 £
Troisième 26,250 £
4e : 21,700 £
5e : 17,850 £
6e : 14,438 £
7e : 11,812 £
8e : 9,188 £
Rendez-vous cet après midi aux alentours de 14 heures (15 heures à Paris) pour la suite des évenements dans cette épreuve de HORSE à 2,500 livres.
Benjo