C'est une première en France !
Un joueur français réclame 100.000 euros de dommages et intérêts à l'Etat en lui reprochant de ne pas lui avoir interdit de jouer au poker en ligne alors qu'il s'était inscrit sur la liste des interdits de jeu du ministère de l'Intérieur, a-t-on appris ce lundi dans une dépêche de l'AFP.
Originaire de Reims, ce joueur de 37 ans dont l'identité n'a pas été révélée, s'est tourné vers le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui examinera sa demande le jeudi 15 décembre à 10 heures.
“C'est bien beau de faire la morale sur les sites de jeu en ligne, mais on sait tous qu'ils s'appuient sur l'addiction et la maladie des joueurs”, a expliqué son avocat Emmanuel Ludot.
Selon ce dernier, le ministère de l'Intérieur s'était engagé à l'été 2010 à interdire cet homme de toute table de jeu mais a commis l'erreur de l'enregistrer sur la liste des interdits de jeu sous une mauvaise adresse, lui laissant ainsi libre accès aux sites de poker en ligne.
“Il a été enregistré comme habitant de la Haute-Marne et non de la Marne ce qui lui a permis de continuer à jouer”, a précisé l'avocat du plaignant.
Ce fichier, tenu par le ministère de l'Intérieur, est l'héritier de celui des interdits de jeu dans les casinos, alimenté en grande majorité par les noms des joueurs qui souhaitent se faire interdire volontairement et, pour le reste, par les joueurs (triche, problème de comportement ...) qui sont interdits.
Depuis la loi de Mai 2010 ouvrant le marché des jeux en ligne à la concurrence, les sites de jeux agréés par l'ARJEL doivent interroger le fichier du ministère de l'Intérieur avant d'autoriser l'inscription d'un joueur.
Ce fichier compte actuellement 36.000 noms, quelque 800 noms en moyenne étant ajoutés ou enlevés chaque mois.